« Bio », un mot devenu trop grand

Loussine Saratelian

Depuis quelques années, le terme “bio” s’est imposé partout dans notre quotidien. Un mot devenu presque automatique, associé à la confiance, à la qualité, parfois même à une forme de “bonne” manière de consommer. Fruits, cosmétiques, vêtements, produits ménagers… tout semble pouvoir être qualifié de “bio”.

Mais à force d’être utilisé partout, ce mot finit parfois par devenir flou. Et une question reste en fond : comment se positionner sans tomber ni dans le rejet total, ni dans une confiance aveugle ?

De mon côté, j’aime prendre le temps d’écrire. Souvent, ce sont des moments très simples qui déclenchent une réflexion. Comme ce dimanche au marché, chez un producteur que je connais bien. Une cliente demande : “C’est bio ?” Il répond que non, qu’ils ne sont pas labellisés, mais qu’ils travaillent uniquement des produits de saison, de qualité. Et elle est partie sans acheter. Cette scène m’est restée.

À la base, le bio a une définition assez claire : des règles, des normes, un cadre. Moins de chimie de synthèse, respect des cycles naturels, certaines pratiques agricoles encadrées. Mais dans la réalité, selon les pays, les labels ou les circuits, tout ça devient beaucoup moins lisible. Et pour nous, en tant que consommateurs, ça devient vite difficile à décrypter.

Avec le temps, le “bio” est aussi devenu un argument très puissant. Un mot qui rassure, qui vend, qui donne du sens. Parfois sincèrement. Parfois un peu moins. Et on se retrouve aussi avec du "greenwashing" : des produits qui utilisent cette image “verte” sans que tout soit toujours aussi cohérent derrière.

Alors forcément, il faut apprendre à regarder un peu plus loin que le label. Sans le rejeter, mais sans s’y arrêter non plus.

Parce que le bio ne dit pas tout. Un produit peut être bio et être très transformé. Il peut être bio et rester très industriel dans sa logique.

Et à l’inverse, il existe aussi des choses sans label, mais très simples, très locales, très proches du vivant.

Je pense par exemple à ces produits qu’on trouve parfois en montagne, ou chez certains petits producteurs, loin des systèmes intensifs. Ils ne sont pas toujours “bio” sur le papier, mais ils donnent parfois l’impression de l’être dans l’esprit.

Et c’est peut-être là que tout devient intéressant : entre ce que dit un label, et ce que l’on perçoit intuitivement.

Au fond, le bio ne devrait pas être une étiquette qui classe les choses en “bien” ou “pas bien”. Plutôt un repère parmi d’autres, pour essayer de faire au mieux, sans chercher la perfection.

Et peut-être que la vraie question n’est pas “est-ce bio ?”, mais simplement : est-ce que ça fait sens, pour moi, dans ce que je veux soutenir ?

À chacun d’y répondre à sa manière.

Avec tout l’amour,
Lou de La Maison au Ruisseau ❤️

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